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Responsabilité des pouvoirs publics et urgence à agir pour le secteur social et medico-social

Jean Orio, Vice-président de la Sauvegarde des Yvelines et Délégué Régional Ile-de-France de Nexem, tire la sonnette d’alarme quant à l’avenir du secteur social et médico-social et la juste valorisation de ses métiers. Il souligne la responsabilité des pouvoirs publics et l’urgence à agir.


Pouvez-vous nous présenter vos mandats et à ce titre pouvez-vous nous parler des difficultés que rencontre le secteur social et médico-social depuis quelques années ?

Je suis Vice-Président de la Sauvegarde des Yvelines depuis le mois de septembre 2020. J’ai rejoint le Conseil d’Administration début 2018 et ai été élu à la fonction de secrétaire-adjoint au mois de septembre de cette même année. Avant cela, j’ai été salarié de l’Association pendant presque 20 ans, de 1978 à 1998, en tant qu’éducateur spécialisé puis chef de service et directeur d’établissement dans des MECS et un IRP, précurseur des ITEP d’aujourd’hui.

A la suite de cela, j’ai quitté la Sauvegarde des Yvelines pour prendre la Direction Générale d’une association pour le logement des personnes en difficulté sur le Val-d’Oise.

En 2019, au titre de mon mandat à la Sauvegarde des Yvelines, j’ai été sollicité par le Président, Yann Beherec, pour pouvoir représenter l’Association à la délégation régionale Ile-de-France de Nexem. 

Nexem est l’organisation professionnelle des employeurs associatifs du secteur social, médico-social et sanitaire, issue de la fusion de la Fegapei et du Syneas. Elle représente plus de 11 000 établissements et services adhérents qui emploient 330 000 salariés.

Une de mes missions, en tant que délégué régional Nexem, est de prendre la dimension des préoccupations des associations adhérentes à l’échelle de la région Ile-de-France en collaboration avec les autres délégués régionaux. L’objectif étant de faire remonter les réalités terrains au niveau de Nexem national pour qu’il puisse être porte-parole des régions auprès des pouvoirs publics.

Aujourd’hui, les préoccupations majeures qui nous sont partagées par les associations du secteur sont les difficultés à recruter du personnel éducatif qualifié avec le diplôme correspondant. Un phénomène qui s’est accentué avec la crise sanitaire et s’étend aujourd’hui à tous les services du secteur là où avant seuls certains services étaient concernés, comme l’hébergement continu. 

Comment expliquez-vous cette situation ? 

Ceci s’explique, vraisemblablement, par un manque de professionnels qualifiés. On observe, depuis quelques années, un déficit d’attractivité des métiers du social tant dans la place qu’ils occupent dans la société que dans la dimension rémunération. Un éducateur qui commence, gagne 1800€ brut, soit environ 1370€ net par mois. Un salaire qui peut être jugé insuffisant pour des personnes intéressées par le métier compte tenu du coût de la vie en région Ile-de-France et notamment des loyers.

Ce que les associations constatent c’est que les pouvoirs publics voudraient des actions professionnelles au prix du bénévolat. C’est bien entendu une provocation mais cela montre combien il peut être difficile de distinguer pour le grand public le caritatif et ce qui relève de l’action sociale. L’action sociale sont des actes professionnels, il faut du personnel formé et qualifié pour mener correctement les actions requises et les missions dévolues. Le caritatif, c’est faire de son mieux pour aider l’autre.


Quel est le risque à long terme ?

Le risque à long terme, si on n’est pas vigilant et si on ne prend pas des mesures rapides pour inverser la tendance, c’est que le secteur soit dépourvu de professionnels qualifiés pour assurer et garantir la qualité de l’accompagnement des personnes accueillies et le maintien des services. C’est déjà vrai à court terme.

Beaucoup de professionnels dans 2-3 ans vont partir en retraite. Qui va les remplacer alors même qu’il n’y a pas assez de nouveaux professionnels formés et que les métiers n’attirent pas suffisamment de personnes ?


Quelles sont, selon vous, les mesures à prendre ou changements à adopter pour inverser la tendance ?

Au-delà de redire toujours la même chose (ex : « On est nécessaire à la société », « oui, l’accompagnement social a un coût mais il est et continuera à être essentiel d’autant plus après la crise sanitaire de la COVID 19. Il va y avoir de plus en plus de gens en situation de précarité touché sur le plan psychologique, économique, etc. »), nous : associations, organisations professionnelles employeurs, organisations syndicales ou professionnels du secteur quelle que soit la fonction occupée, devons à l’échelle locale, communale, départementale et régionale solliciter tous les politiques pour que nos messages soient relayés au niveau de l’Assemblée Nationale et du Sénat.

C’est essentiel que les pouvoirs publics, prennent l’entière mesure de la situation et de l’utilité de notre action.  

Il y a urgence à agir et revaloriser les métiers du secteur. L’Etat doit injecter de l’argent comme il a fait pour le plan de relance du secteur économique afin de mettre à niveau toutes les rémunérations des métiers concernés.

Dans ce sens, Nexem a publié en 2021 son livre blanc sur l’attractivité des métiers du secteur social et médico-social. Il invite les pouvoirs publics à mettre en œuvre 9 propositions :

  • Proposition 1 : Conférer une existence à la notion des métiers « essentiels à la Nation »
  • Proposition 2 : Eduquer aux enjeux de santé publique et faire connaître le secteur pour que la société inclusive et le rapport à l’autre soient abordés dès le plus jeune âge
  • Proposition 3 : Développer l’apprentissage, le service civique et le service national universel pour attirer de nouveaux professionnels
  • Proposition 4 : Donner des perspectives de carrières, impulser et faciliter les parcours professionnels
  • Proposition 5 : Agir spécifiquement sur les métiers et les territoires en tension
  • Proposition 6 : Améliorer les marges de manoeuvre financière des établissements et services sociaux et médico-sociaux, pour être en mesure d’agir résolument sur les conditions de travail
  • Proposition 7 : Agir sur les rémunérations et le pouvoir d’achat
  • Proposition 8 : Accélérer la transformation numérique et le développement des pratiques RSO dans les établissements
  • Proposition 9 : Déployer une communication nationale, positive et valorisante sur les métiers de l’accompagnement des personnes vulnérables et leur impact social positif pour la société française et notre système de soin

 J’invite, toutes les personnes qui liront cette interview, à prendre connaissance de ce livre blanc, à se l’approprier, le relayer au plus grand nombre et contribuer à promouvoir et enrichir les propositions faites. 

Plus nous parlerons de nos métiers et de la nécessité de la valeur de notre travail, plus le secteur social et médico-social attirera de nouvelles personnes pour exercer des fonctions utiles et essentielles à la société tant dans sa dimension de traitement des inégalités que dans le soutien indispensable aux plus démunis et vulnérables.

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