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La réorganisation des services
pendant la crise du Covid 19

Témoignages de professionnels :

> Vincent Haddadi, Responsable de service des Marronniers

 » (…) Ma priorité [c’était] les conditions de travail des professionnels et l’accompagnement des enfants.

(…) La première, je l’ai vite résolue. (…) J’avais en ressource, une idée d’organisation que j’avais déjà vécue dans le passé, donc j’ai tout de suite pu dégager une organisation qui permettait d’être plus présent et en nombre suffisant. Je voulais absolument que les éducateurs, à travers cette organisation, aient la possibilité d’innover et de créer mais avec des conditions qui le permettent. [C’était important] qu’ils se sentent protégés. J’ai un éducateur qui m’a dit « j’ai de l’asthme ». On lui a dit « prends rendez-vous avec ton médecin, faits une évaluation médicale (…). Le principal, c’est que tu prennes soin de toi ». On ne demande pas aux gens de rester pour rester parce qu’il faut un éducateur à cet endroit coûte que coûte. On s’adaptera, on évoluera. L’idée c’est de les soutenir le plus possible.
(…) J’ai une chance extraordinaire, vraiment, j’ai des professionnels investis (…) qui sont là. Ils se posent des questions, forcément, mais en même temps, je crois qu’ils sont vraiment pris dans leur engagement et il y a un tel élan de solidarité. (…) Tous services confondus [éducateur, services généraux, partenaires extérieurs, etc.].

(…) On n’est pas loin de la clinique des Franciscaines, ça veut dire que tous les soirs, je vois des gens qui sortent sur leur balcon et tapent dans leurs mains à 20h. J’aimerais tellement qu’ils sachent qu’à 50 mètres de chez eux, il y a des professionnels qui se mobilisent tous les jours, qui prennent des risques (…) J’aimerais bien qu’on vienne voir tout ce qu’on a été capable de faire sur 3 semaines mais pas quand c’est fini. Voir comment ça a couté à chacun de partir de chez soi le matin (…) Sachant qu’on a travaillé sans masque pratiquement pendant 10 jours. Et les masques on les a eus parce que l’Association, l’établissement, les RCT se sont mobilisés pour les avoir. (…) [De manière générale], l’idée de la coordination avec les RCT a été [ressource]. J’ai signé un contrat à la Sauvegarde pour ce projet de mutualisation de coopération. Je suis content d’avoir signé pour ce projet.

(…) [Pour les enfants], je ne voulais pas tomber dans la dimension occupationnelle, où on leur met de la TV, la DS, etc. (…) On est arrivé dès la première semaine, en leur proposant des activités [avec des professionnels et des bénévoles]. (…) J’ai eu la chance de pouvoir avoir le renfort de psychomotriciens, d’orthophonistes, d’éducateurs du SSESAD et de l’IME, de façon à pouvoir penser des ateliers. (…) Quand ils se lèvent le matin, [les enfants] ont des choses prévues, (…) ils sont attendus.

(…) La question qui se pose dans le temps c’est la relation avec les familles. (…) On a des enfants dont il manque la présence physique des parents (…) L’assistante sociale des Marronniers [s’est mobilisée] sur cette question toute la première semaine, avec la question de pouvoir communiquer avec chaque famille sur comment on avait pensé le confinement ; la mise en place d’ateliers ; l’état actuel des Marronniers par rapport au Covid-19 ; l’état de santé des enfants et avec la dernière perspective qui était de savoir comment ils pourraient être en lien avec leurs enfants.

 

> Claire Vignaud, Directrice déléguée de l’AEMO, du SEP et du SA

(…) Sur l’AEMO, on a été concerné assez rapidement [par la crise du Covid-19] pour plusieurs raisons. Quand le Covid-19 est arrivé en France, il est arrivé par l’Oise, département voisin sur lequel on a des familles et des interventions. Très vite, il y a eu les premières questions, les écoles fermées, etc. (…) Il a fallu anticiper plus rapidement que les informations qu’on arrivait à avoir au niveau du gouvernement, et qui ne venaient pas de nos partenaires principaux et financeurs. (…) [C’était nécessaire] parce que le service en milieu ouvert à la Sauvegarde des Yvelines est un très gros service. C’est un service qui rencontre plus de 1000 mineurs (…) avec une soixantaine de professionnels, qui se déplacent quotidiennement d’une famille à une autre ou d’un partenaire à un autre. Qui dit déplacement, dit être vecteur [du virus] aussi.

(…) Aujourd’hui, tout le monde travaille de son domicile [et ceci depuis février]. Le choix fait par le service, dans un contexte extrêmement anxiogène, est d’être à la fois le plus concret et directif possible, mais surtout sans [mettre de] pression. (…) Les consignes sont [tout d’abord] l’écoute bienveillante, c’est à dire appeler très régulièrement les familles et demander « comment ça va ? On ne vous appelle pas dans le cadre de la mesure et des problématiques que vous rencontrez, on vous appelle pour prendre des nouvelles. » Ce qui est très bien vécu par les familles et ce qui modifie de façon assez intéressante le lien, la relation entre les familles et les professionnels. Ça c’est quelque chose qui sera intéressant à analyser mais il nous faudra plus de recul.
(…) Donc écoute attentive et bienveillante, ensuite [fournir] des conseils pédagogiques, c’est à dire “qu’est-ce qu’on peut faire pour occuper un enfant en fonction de son âge ? ses caractéristiques ? Etc. » Les RCT nous ont beaucoup aidés là-dessus. Elles ont trouvé des référentiels qui viennent pour certains de la psychiatrie, du milieu hospitalier, du médico-social, de la sophrologie, etc.
(…) Ensuite, il y a quand même la question évaluative, et le danger dans ces familles « qu’est-ce qu’il en est ? ». [La question c’est] comment on arrive à faire des entretiens téléphoniques qui [nous permettent] d’adapter notre intervention, (…) le rythme des échanges avec les familles. (…) On a une vingtaine de professionnels (éducateurs, psychologues, etc.) réservistes en capacité de se déplacer si une situation familiale devient extrêmement critique, et ne peut pas être traitée par téléphone. (…) On a eu des urgences (…) et des placements qui n’auraient pas eu lieu en dehors du contexte actuel. (…) [Certaines] familles sont en tension et c’est très dur pour les adolescents. (…) Nous sommes tous très attentifs et vigilants. (…) Ce qui est extrêmement important c’est d’éviter l’isolement, […] [d’avoir] une présence permanente des professionnels auprès des familles, et que les familles sachent qu’elles peuvent trouver des ressources. (…) Les professionnels du milieu ouvert sont extrêmement mobilisés (…) et je remercie toutes les équipes.

(…) [Enfin, il y a eu] toute la question de la protection qu’on n’avait pas. Heureusement, (…) les structures médico-sociales de l’Association ont récupéré du matériel [de protection] qu’ils ont eu le droit de distribuer à la protection de l’enfance. Si en milieu ouvert on a besoin de se déplacer, il faut être protégé. Je l’ai crié au département « donnez nous des masques, du gel hydroalcoolique, etc. » (…) Là on a récupéré des masques qui sont arrivés mais bien trop tard. Ce qui ressort aussi énormément (…) c’est le manque de reconnaissance médiatique des professionnels (…) malgré leur engagement hyper important. (…)

 

> Juline Joly et Véronique Erkouni éducatrices au foyer latitudes 78

Extrait d’une lettre personnelle adressée au Président de la République
Emmanuel Macron

 » (…) Nous, les travailleurs sociaux, sommes en première ligne dans cette situation de crise auprès du public que nous accompagnons.
(…) Dans le secteur du travail social, la crise c’est tous les jours. Et toutes les nuits. Et la crise actuelle révèle ô combien notre secteur est en crise.
(…) Alors qu’en est-il, Monsieur Macron, des enfants atteints du coronavirus dans les foyers de la protection de l’enfance, cloîtrés dans des chambres pour ne pas contaminer les autres ? Qu’en est-il des professionnels qui continuent d’intervenir sans protection pour eux-mêmes et pour leur famille quand ils rentrent chez eux ? Qu’en est-il de l’impossible confinement pour des jeunes déjà surnommés “incasables” ? Quelle ironie… Qu’en est-il de nos misérables salaires ? Qu’en est-il des moyens accordés pour assurer notre mission en respectant la dignité des personnes ? Qu’en est-il, Monsieur Macron, de votre considération pour eux et pour nous ?

(…) Attention Monsieur Macron. Si vous ne prenez pas soin de tous ces travailleurs du secteur sanitaire ET social, qui pourra prendre soin de tous ces humains en attente de soin, d’éducation et de protection ? (…) »

 

> Nasser Lahouazi (N.L.), Responsable de Service à Accueillir et Maud Venner (M.V.), Psychologue à Accueillir et MLJ

N.L. : (…) [Dans le contexte du Covid-19, pour les services d’hébergement d’Accueillir et de MLJ], on a mis en place le télétravail pour l’ensemble du personnel de l’antenne [afin d’] assurer l’essentiel de l’activité, c’est à dire […] prendre des nouvelles quotidiennement des familles, s’assurer que tout va bien […] et rendre compte des échanges sur un outil partagé en ligne. On n’a pas encore fait d’admission mais c’est une vraie question de savoir comment nous allons gérer ça.
[Suite à nos appels quotidiens], certaines familles nous ont dit « c’est super gentil mais ça fait […] un peu beaucoup ». [On a alors] pris la décision d’espacer les appels, pour les situations non urgentes. […] Pour les situations beaucoup trop fragiles, on a maintenu le contact quotidien.

M.V. : Il y a plusieurs difficultés [pour les personnes accueillies]. La première, c’est la cohabitation obligatoire de plusieurs familles, [déjà difficile en temps normal].

N.L. : (…) on a des logements dans lesquels on a 4 familles. Des familles qui n’ont pas choisi d’être ensemble. [Notre travail a été aussi de gérer les cohabitations où il y a une demande du médecin de confinement suite à des symptômes Covid-19 ?] (…)

MV : (…) La deuxième difficulté [pour les familles], c’est l’isolement et cette rupture avec l’extérieur. (…) On a des familles souvent en grande précarité financière et sociale, qui n’ont pas [pour toutes] accès à internet [par exemple]. [Certaines sont également] en difficulté avec la langue française, c’est compliqué de communiquer par téléphone. On communique par SMS mais c’est très restreint. (…) Et puis le troisième point qui me semble aussi important, c’est toute la question des démarches administratives [bloquées].

(…) L’idée c’est d’être présent pour rassurer les familles mais ce n’est pas forcément évident à distance. Il faut aussi avoir en tête que les émotions peuvent être contagieuses (…) l’angoisse et l’anxiété. (…) Ca peut très vite monter. Et c’est là que c’est compliqué. A nous de gérer ça, à distance, en essayant de permettre à ces personnes de prendre du recul, en expliquant aussi qu’il n’y a jamais de risque zéro. L’idée c’est de leur permettre d’utiliser quand même leur propres compétences et ressources individuelles pour malgré tout réussir à s’adapter. D’essayer, autant que faire se peut de prévenir les syndromes de stress post-traumatiques et de verbaliser beaucoup les émotions angoissantes. (…) Il y aussi des familles qui sont seules dans des studios, le risque c’est qu’ils puissent développer des symptômes dépressifs chroniques dûs à l’isolement, la solitude et la difficulté à rentrer en contact avec le monde extérieur.

 

> Laurent Hamet, Moniteur Atelier Communication du Théâtre Eurydice – ESAT

Depuis le 23 mars, suite à l’appel à solidarité entre les établissements de la Sauvegarde et parallèlement à mon travail à l’ESAT, j’ai rejoint l’équipe d’éducateurs spécialisés du foyer La Maison. J’y ai découvert leur métier dans une dimension que je ne connaissais pas et mon constat est qu’ils font un travail extraordinaire auprès des jeunes !

L’abréviation MECS ne m’était pas inconnue sans pour autant savoir précisément ce que c’était. La proximité avec les adolescents et les échanges avec mes collègues m’ont permis d’envisager les projets que je mène avec un autre regard. C’est une belle opportunité, en fait, que de découvrir ce que font mes collègues, notamment auprès d’adolescents éloignés de leur foyer. Je regrette de ne pas avoir eu l’occasion de le faire avant et engage tout un chacun à se prêter à l’exercice si cela est possible dans les différents services.

Cette expérience m’incite à repenser mes pratiques professionnelles dans la construction des projets à destination des adolescents. En effet, la proximité et les échanges dans leur quotidien m’amènent à entrevoir leur vision du monde et leurs attentes. C’est bien leur culture que j’ai approchée où la musique, le Rap, a une place importante tout comme l’image fixe ou animée qu’ils se transmettent via les réseaux sociaux.

C’est là un point positif de cette crise sanitaire que de m’avoir incité à sortir de ma zone de confort pour élargir ma propre vision de la culture.

 

> Audrey Bernard-Berdah, Psychologue institutionnelle à l’unité enfants de l’ITEP Jeanne Chevillotte

Le quotidien à l’unité enfants de l’ITEP est souvent dans le « plein »; notre espace est rempli d’agitation, de surprises, de bruits (voire des éclats de voix), de répétitions, de précipitation… Du jour au lendemain ce plein s’est retourné en vide, un vide à partager. Comment rester ensemble malgré tout. Comment maintenir du lien là où plus rien ne nous réunit; (…) Il nous a fallu nous adapter aux contraintes des mesures gouvernementales face à la crise sanitaire dans l’accompagnement des enfants et de leur famille.

Les réunions téléphoniques se sont succédées pour mettre en place des propositions pour chaque enfant en fonction de sa situation. Chaque professionnel gardera le lien avec chaque enfant et ses parents grâce aux moyens technologiques dont nous disposons en commun. La voix prendra ainsi le devant de la scène, parfois associée à l’image, bidimensionnelle, que nous n’aurions jamais envisagée jusque-là dans notre lien avec nos jeunes patients. Mais le regard compte, pour beaucoup d’entre eux, comme venant soutenir la présence de l’autre, à l’autre.

Nous avons vite ressenti le manque d’un espace commun, aux familles et à l’équipe, pour y déposer des supports d’activités, d’informations, d’images, de propositions, d’y exposer les productions des enfants et entrainer une émulation. C’est ainsi que le blog est né, alors que nous ne l’aurions jamais imaginé dans un autre contexte.

Le temps de réaction n’a pas été long. Toute l’équipe a su répondre présent à cette mobilisation inédite. L’engagement s’est enclenché avec moins de temps qu’il n’en faut pour gérer la sidération, l’incompréhension de ce qui nous arrivait, notre peur, pour notre santé, celle de notre famille, de nos collègues et des familles que nous accompagnons et que nous savons parfois dans une précarité importante.

Si les critiques peuvent se lire sur le défaut de prise en charge du milieu médico-social c’est par méconnaissance de la réalité du travail de terrain et par un déni du paradoxe auquel nous sommes soumis : être proches en respectant les directives gouvernementales pour une non propagation du virus. / Etre soignant et risquer de rendre malade. Ce n’est pas ne plus travailler, c’est travailler autrement. Nos repères et nos savoir-faire sont chamboulés et réinterrogés, et nous révèlent nos capacités de créativité et d’adaptabilité.

 

> Camille Le grand (C.L.), Psychomotricienne à l’IME le Bel Air et au SSESAD de Voisins-le-Bretonneux, Pierrick Brouassin (P.B), Psychomotricien à l’ITEP Jeanne Chevillotte et Sylvie Kauffmann (S.K.), Orthophoniste au CMPP de Voisins-le-Bretonneux

C.L. : Le lundi [la veille du confinement], j’ai été appelée par Monica Jeberean, RCT, pour venir en renfort sur le foyer des Marronniers où il risquait de manquer de professionnels. Elle voulait savoir, si je pouvais proposer des jeux et des activités pour les enfants [afin] d’occuper le temps, où d’habitude, ils sont à l’école ou à l’extérieur, etc. (…) J’ai pu prendre du matériel qui était sur mes deux autres services [fermés, l’IME le Bel Air et le SSESAD de Voisins-le-Bretonneux], pour apporter un peu de matière sur ce que je pouvais proposer de ma place de psychomotricienne. (…) J’ai eu de la chance, j’ai [deux] autres collègues qui sont arrivés, Pierrick Brouassin, psychomotricien sur l’ITEP Jeanne Chevillotte et Sylvie Kauffmann, orthophoniste au CMPP de Voisins-le-Bretonneux, venue en renfort faire du soutien scolaire. Avec Pierrick, on intervient sur des [petits] groupes. (…) On s’est rendu compte que c’était plus contenant pour eux d’être sorti du grand groupe où ils sont toute la journée à 12.

P.B. : [Par rapport à d’habitude on intervient différemment, on n’est pas dans un suivi de soin prescrit par le médecin]. On est plus dans ce qui va être de l’éducation thérapeutique.

C.L. : On va proposer des petits parcours, des jeux moteurs (…), des temps de relaxation, des groupes autour de contes, des activités manuelles, etc. On essaye de varier.

P.B. : L’idée de (…)Vincent Haddadi, Responsable du Service des Marronniers, est que les enfants puissent avoir des ateliers en dehors du quotidien (…) où ils sont attendus.

S.K. : [Et les enfants] sont très demandeurs. (…) Ils cherchent à savoir par qui ils vont être pris [en charge] à un autre moment de la semaine, soit dans un groupe soit individuellement. (…) On sent que c’est important pour eux.

P.B. : Alors évidemment on a quand même notre casquette de soignant, donc il y a des choses qu’on repère (…) ça pourrait être des enfants qui auraient tout à tirer d’avoir plus de professionnels et de pluridisciplinarités au quotidien.

C.L. : Je pense qu’il y a des prises en charge extérieures [pour certains] mais s’il y avait des professionnels aussi sur site (…) ça pourrait être bénéfique pour beaucoup d’entre eux.

P.B. : [Ce qu’on constate, c’est qu’il] faut plus de budget pour la protection de l’enfance. Je trouve aussi que nous avons tout à apprendre de ce moment complexe et de cette mobilisation associative pour mieux appréhender nos liens les uns avec les autres.

C.L. : Entre nous, on s’était déjà tous un peu vu mais (…) on ne se connaissait pas forcément. Ça nous a permis d’échanger sur nos pratiques. Quand on va retourner à nos séances on aura notre petite mallette remplie d’idées (…). Et de voir un public un peu différent de celui auquel on est habitué, c’est aussi enrichissant (…) Le travail en MECS, avant j’avais une idée vague de ce qu’on pouvait y faire mais, concrètement, la vie quotidienne je ne connaissais pas plus que ça. Et je pense qu’il y a plein d’autres établissements de la Sauvegarde c’est pareil (…)

P.B. : Et bien sûr tout le travail qu’on fait ça ne serait pas possible s’il n’y avait pas des responsables de service qui bossaient de 7h à 22h pour faire les plannings, organiser tout, voir avec les établissements, etc.

C.L : Merci à nos établissements qui nous ont permis d’être disponibles pour d’autres. Je remercie aussi mes collègues des autres services qui ont poursuivi les appels pour les situations qu’on avait en commun. J’ai pu compter sur eux et [ils ont été le relai auprès des jeunes que j’accompagne habituellement. Ça nous a permis d’être] plus disponibles pour les foyers.
Là progressivement, il y a la reprise qui se met en route et il y a de plus en plus de professionnels [présents] (…). ça nous permet de nous remobiliser un petit peu plus sur nos autres temps de travail [habituels]. [Les deux prochaines semaines, j’ai] une journée et demie [consacrée] à mes deux autres services pour faire le point sur certaines situations et commencer à penser à la reprise, voir comment ça va s’organiser.

S.K. : Moi c’est pareil, je vais devoir adapter mon temps de travail ici [sachant que je travaille à mi-temps]. C’était sans difficulté jusqu’aux vacances [d’avril] mais au retour, il y a eu de plus en plus d’enfants qui se sont manifestés au CMPP. Je travaille avec eux en « téléorthophonie ».

 

> Céline Covillers (C.C.), Chargée des ressources humaines et David Leveque (D.L), responsable paie

C.C. : [Avec le Covid-19], on a eu une explosion des demandes de contrat. [J’ai traité à moi seule,] un peu plus de 60 [nouveaux] CDD pour le mois, sans compter tous les avenants de prolongation. (…) [Pour vous donner une idée], habituellement, on a entre 30 et 40 [contrats par mois] avec une charge de travail plus importante depuis le début de l’année. Là, je fais ça à 100%. Il n’y a que la semaine dernière où j’ai pu (…) travailler une demi-journée sur autre chose.

Par le biais de la crise, la précipitation, il y a beaucoup [plus] de demandes de contrat pas complètes, erronées, qu’il faut refaire. [Ça rajoute aussi une charge de travail supplémentaire, ce qui n’est pas évident au vue du volume de contrat à traiter]. (…) [J’essaye au quotidien d’être réactive mais c’est important] que les demandes soient claires et que les informations soient complètes et justes comme les horaires, etc.(…) Là, je dois avoir un CDD qui commence aujourd’hui, seulement, dans le mail de demande, je n’ai pas les pièces jointes nécessaires donc ce n’est pas possible de faire le contrat.

D.L. : Du point de vue de la paie, il a fallu modifier notre plan de paie puis suivre les évolutions et les directives du gouvernement. Ceci, nous demande une gestion particulière, une attention supplémentaire suivant les motifs des arrêts, des attestations reçues et un travail de régularisation de certaines situations compte tenu des multiples changements dans le traitement de ces absences..

Heureusement, on est aidé par Valérie Mathieu, secrétaire de direction de l’ITEP Jeanne Chevillotte – unité adolescent. Elle gère, [en parallèle], les déclarations de toutes les attestations de garde d’enfant sur le site Ameli et le suivi.

C.C. : Si cette crise était arrivée il y a 4-5 ans, ça n’aurait pas été la même chose. On n’aurait pas pu assurer une continuité de service comme on peut le faire aujourd’hui.

D.L. : [Contrairement à avant], on a beaucoup de choses numérisées (les dossiers des salariés, les procédures de paie, etc.). (…) La plupart de notre travail se retrouve sur le serveur. C’est ce qui nous a aidé (…) car du jour au lendemain on a appris qu’il fallait qu’on s’organise pour travailler de chez nous. [On a aussi tous les autres moyens informatiques de communication : les visio-conférences, le téléphone, les mails, etc.] Avec les référentes RH, (…) on a mis en place un groupe WhatsApp pour, éventuellement, poser toutes les questions qu’elles auraient à poser et partager les réponses. Ce groupe a beaucoup servi au début du confinement et reste encore assez actif à ce jour.

C.C. : Après dans le rapport qu’on a avec les établissements, ça a toujours été à 90%, pour pas dire à 100%, par téléphone ou par mail. Donc le télétravail ne change rien. Ce qui change, ce sont les échanges non institutionnels avec les collègues et les hiérarchiques (…) et le travail avec zéro papier. Je ne suis pas très tournée vers l’écologie mais ça me donne à réfléchir car finalement c’est possible.

 

> Christine Pons, Directrice Financière

Une équipe comptable qui a su se mobiliser dans cette période de l’année particulièrement chargée traditionnellement pour les professionnels de la comptabilité, avec la réalisation des comptes administratifs, des Etats Réalisés des Recettes et des Dépenses (ERRD), des Etats Prévisionnels des Recettes et des Dépenses (EPRD). Une organisation s’est rapidement mise en place, avec un télétravail organisé, rendu possible par l’intervention de l’équipe informatique permettant à chaque professionnel d’avoir accès au réseau et à l’outil comptable. Les premiers jours ont été consacrés à l’organisation matérielle, avec l’installation des ordinateurs à domicile, la collecte des dossiers et des pièces comptables… Puis les visioconférences, groupes Whatsapp et autres moyens de communication ont rapidement fleuri pour créer une dynamique et maintenir le lien au sein de cette équipe.
Notre commissaire aux comptes a salué la qualité de la collaboration à distance qui a été mise en place au pied levé, et qui a permis de mener à bien sa mission dans les délais impartis, dans un contexte totalement inédit, puisque le confinement a été annoncé 2 jours avant le début de son intervention.
Le Comité de Coordination Comptable a pu se réunir en visioconférence et acter un mode opératoire pour le suivi des surcoûts COVID, dont il faudra bien entendu rendre compte en temps voulu.
Et surtout, une solidarité au sein de l’équipe s’est rapidement mise en place pour apporter du soutien à leurs pairs qui ont pu se trouver en difficulté à travailler « normalement » du fait du contexte sanitaire, ou tout simplement pour porter les dossiers de collègues absents ou en cours de recrutement, et ainsi soutenir les Directeurs délégués.

Les partenaires financiers ont pu également apporter un soutien tant organisationnel que financier. L’octroi de délais supplémentaires a rendu possible une priorisation des travaux, et ainsi soulager nos équipes comptables en tension. Et bien entendu le soutien financier, annoncé dans l’ordonnance n°2020-330 du 25 mars 2020, posant le principe de la garantie du financement sur la base de l’activité prévue en début d’année. Ainsi aucune modulation des financements en fonction de l’activité constatée en 2020 pendant la période d’état d’urgence ne sera opérée. Cette position a été confirmée par l’ensemble de nos principaux financeurs. Ce principe garantit la continuité de financement de l’association.

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